Azur.
Dimanche soir. Je me souviens de Fanny Ardent dans un film de Truffaut disant avec sa voix « je hais les dimanches ». moi je rajoute « soirs ». Et je n’ai pas sa voix.
Ce week end a été doux. P est rentré de BA.
J’ai passé ma journée de vendredi avec Johny (à prononcer à la française, Jauni) qui est venu entretenir ma pompe à chaleur. Ca marche. Ca me stressait un peu le truc mais c’était bouché quelque part.
Samedi matin, je suis revenu tot à Nice. Faire le ménage dans cet appartement que je n’avais pas nettoyé depuis… mars. Ou le strict minimum disons. Cela m’a pris presque la journée, mais c’était nickel quand P est arrivé à son tour.
Samedi soir à l’opéra. Brunch ce matin. Promenade habituelle à Franck Pillatte. Sieste. Jogging ce soir avec mes nouvelles baskets Hoka qui flottent. Une journée douce, qui me réconcilie avec cette ville. Les touristes n’ont pas encore totalement possession de la ville. Les moustiques, si.
J’ai regardé un peu les photos jaunies que P a ramené de chez sa mère. Un peu sépia. Mais l’enfance dans les années 1970. Les grandes tablées familiales dans la maison que je connais où rien n’a changé sauf le temps qui est passé. Casa chorizo on dit pour ces maisons de Palermo organisées autour d’un patio. Que va t elle devenir cette maison désormais? Je dis à P que j’aimerais qu’il la garde et que nous allions y passer l’hiver quand on sera vieux. Il y a grandi et il la chance d’avoir cette racine; moi qui ai tant bougé dans mon enfance. Cela me semble ne pas avoir de prix. Et puis j’aime Buenos Aires, sa démesure, son patrimoine décati, la densité des liens que P a avec ses amis après tout ce temps en France. Il ne veut pas. Et son frère a besoin d’argent. On verra bien.
J’ai aussi regardé femmes au bord de la crise nerfs avec P. 1988. Je ne l’avais pas vu depuis 30 ans au moins. Et j’ai retrouvé, meme si à Madrid, les couleurs de cette époque. J’ai connu moi aussi les téléphones rouges avec fil (gris aussi avant avec un cadran qui tournait et avoir un clavier à touches était le combe du luxe). Cela m’a rendu un peu nostalgique d’une époque qui me parait moins terne que celle d’aujourd’hui. Moins prude aussi.
Et toujours et encore, moi qui ne voit pas vraiment le temps passer, je ne peux que me dire qu’en 1988 j’ai eu 18 ans et que j’étais donc déjà un adulte. Toujours incrédule face au temps qui passe. Et moi qui suis incapable de porter autre chose que du noir du bleu marine du blanc ou du grège (so 2000 et Armani), je me découvre à manquer de couleurs. J’ai envie d’orange. Signe que l’âge arrive?
Vendredi aussi, appel pour un poste à Paris. J’irai donc à l’entretien, pas eu le courage de dire non. Et histoire d’en avoir le coeur net. Je pense que comme tous les autres je ne serai pas pris, car trop vieux. Même si dans le cas présent, je dois pouvoir agir en off pour que ca marche. En ai je envie cependant? Non. Je crois que ce nouveau rebondissement me fait découvrir que je suis plus attaché à ma vie dans le sud que je veux bien accepter de le dire. C’est pourtant un vrai gros poste bien demandant. Totalement différent d’ici. Mais je crois que je dois assumer que je n’ai plus vraiment envie de travailler.
Je vais me replonger ce soir dans la couleur avec Talons aiguilles. Je crois que je préfère cette époque à celle du jour.


