Descends de ton char.
Donc nous voici vendredi matin. C’est pas souvent que j’écris au réveil. Avant d’avoir lu la PQR et d’avoir bu mon café. De retour hier soir à la campagne et grosses léchouilles avec M. J’aime infiniment quand il avance vers moi et que tout son corps remue tellement il remue la queue de plaisir. Je parle de M. mon chien, hein, pas de P.
J’écrivais il y a quelques jours « l’entretien s’est parfaitement passé » pour un poste ailleurs. Sans nouvelle, j’ai appelé hier. Pas retenu. Ma clairvoyance ne fonctionne pas toujours donc. « Profil trop grand » pour le poste. Ca doit vouloir dire que je ne passe pas les portes. Bon en vrai, je ne me voyais qu’à moitié vivre dans cette ville pour de vrai. Cela m’aurait juste changé de l’A8 dont je connais chaque tournant entre Aix et Nice. Alors que je connais désormais chaque offre immobilière de cette ville (dont je sais ensuite pour les 2/3 situer la rue et l’étage dès qu’une photo de l’annonce permet de vaguement localiser. Je peux y passer des heures sur google earth. C’est de la déduction logique), j’ai oublié dans les 15 mn qui ont suivi.
Mon psy à qui je n’avais pas parlé de cette candidature (ni des autres d’ailleurs) a réagi mercredi quand je lui en ai parlé. Incrédule je crois que de constater que je ne corrige pas mes vieux travers. Il pointe mes paradoxes. Il m’encourage à simplifier les choses, à me rendre la vie plus facile. A descendre de la scène. Dans ma tête, on est plusieurs et je ne vis que pour ce que les autres pourraient voir. Sauf que la salle est vide.
De la meme façon, je lui retranscrivais un échange avec ma nouvelle hiérarchie. Je bosse, je suis carré, je leur fournis ce qu’ils demandent et je reste donc un (rare) survivant à ce jour. Sauf que, dans mon statut, appartenant à une autre administration, je dois au bout de trois ans décider de poursuivre ou pas, eux pouvant décider me prolonger ou pas. Et alors que mon chef direct, un bon gars sérieux (modulo ses accointances politiques) parlait de ça en disant « ah oui, il faut donc que d’ici fin juillet, on vous dise », je lui répondu, bravache, « oui, enfin si je le demande ». J’ai senti le mec partir en panique, partant sans doute du principe qu « un tiens vaut mieux que deux tu l’auras ». Il m’a demandé mes intentions. J’ai répondu « c’est trop tot pour vous répondre ».
Et donc mon psy, là encore, me disait « c’est donc votre plan A, on vous demande si vous avez l’intention de poursuivre ce plan A, et vous ne répondez pas, pourquoi? » ben sans doute là encore, parce que la conviction de ma supériorité intellectuelle m’amène à penser que c’est à lui de le demander. Grande gueule un jour, grande gueule toujours. Il m’a donc invité à considérer que j’avais deux chantiers prioritaires pour m’alléger l’esprit, clarifier le plan A, finir le parquet.
Et je crois lui avoir dit que ma petite vie, très confortable, la beauté du sud, les tomates dans le jardin, la joie de (malgré tout) vivre dans une grande ville (cf. Supra, les villes de taille moyenne c’est pas pour moi), tout cela m’ennuie. Infiniment. Je repensais au texte précédent, republié, sur ce que fut ma vie à une époque, de démesure, d’excès et de vol en business pour l’autre bout du monde dès que j’avais un coup de mou cad tous les mois. L’olivier est là, en terre, pas loin. Il me dit d’aller me distraire à Paris, j’ai repensé aux belles journées récentes à Paris de quelqu’un ici que je lis assidûment, et je me suis dis que non, je suis incapable d’aller à Paris en touriste. J’ai une notion trop rastignienne de cette ville.
Je pense à cette chanson de Barbara « dis quand reviendras-tu tu? Dis au moins le sais tu? Que tout le temps qui passe ne se rattrape guère? Que tout le temps perdu ne se rattrape plus ».



Le temps passé ne revient jamais, mais on a toujours la possibilité d’en construire un autre.
Désolé pour la candidature !
Pas facile de choisir la suite …