La des-errance?
Dingue suis allé faire un footing ce soir. Rien d’exceptionnel mais cela faisait un petit moment que j’avais pas couru dans ma cambrousse, si belle au printemps. Faut dire que mes 4Kg en trop sont bien accrochés et qu’à mon age canonique, pas si simple à perdre.
Dans les bonnes nouvelles du jour, ma glycine plantée il y a 6 ans a fleuri pour la première fois. L’année dernière, je m’étais dit que si elle ne fleurissait pas cette année, je l’arracherais pour une autre. Elle a compris le message. Elle aussi a un instinct de survie.
Mon toutou que j’aime tant (et je passe la semaine en pensant aux câlins que je peux lui faire) est là à compter de moi. Il vieillit. Ca me rend un peu triste. Il a désormais, à 8 ans, de l’arthrose à une patte.
J’ai passé la journée avec lui, dans ma campagne. On se roule dans l’herbe. Il me lèche l’oreille. Je masse sa patte douloureuse.
Le marché ce matin dans mon village. Piège à touristes qui débarquent. Mais bon, meme avec des nappes provençales fabriquées en chine, c’est assez doux.
Ce soir je regardais l’olivier que C. m’avait offert il y a si longtemps. Il a du passer vingt ans au moins dans un pot sur ma terrasse à Paris. Depuis trois ans, il est en pleine terre et pousse désormais. C’est un arbre. Je lui parle souvent, il est ma jeunesse déchue. J’avais hésité à le couper l’hiver dernier sans jamais le penser vraiment. J’aime le mélodrame. Plus sérieusement, et comme je crois que je sais tailler les oliviers, il prend une forme normale année après année. Mais ses 20 ans en pot se voient. Branches trop coupées, un peu trop tortueuses, il est comme moi au final. Compliqué, mais il pousse.
Au taff, cela se passe étonnamment bien. Sentiment que je ne pense avoir jamais vécu durant ces deux dernières années. C’est carré. Et, pour la première fois de ma vie, je me dis qu’au final, je suis bien ici. J’ai été un peu interpellé par le terme d’errance utilisé par ma chère Bobbie, qui me lit ici. Je crois qu’elle a raison, je m’épuise à fuir, et je crois désormais avoir juste envie de me poser et d’un peu de douceur. Bon j’ai quand meme un rv pour un poste quelque part dans le 13. J’avais meme oublié que j’avais candidaté. Mais je crois que je préfère ma vie niçoise la semaine malgré tout (et malgré les niçois).
Faut dire que je taffe comme jamais depuis longtemps. Je produis de la synthèse, du BP, des plans d’économies, c’est pas très compliqué tellement y a du gras. Mais ca m’empêche pas de me rouler dans l’herbe en TT le vendredi…
Je bois des Campari. Deux le soir. Pas idéal. Mais c’est sans doute le seul truc que j’aime boire en vrai et pas seulement l’état dans lequel il m’emmène.
Une journée assez calme en résumé meme si je passe mon temps à gérer des trucs dont je me moque. Mais c’est assez reposant de n’avoir aucun investissement de fond.
Voilà et je vois bien que quand ca va mieux, j’ai moins à (me) raconter.


Cet douceur, ces petites notes positives dans cet article. Content de lire ça.
Je suis amoureux de ce passage:
"Branches trop coupées, un peu trop tortueuses, il est comme moi au final. Compliqué, mais il pousse."
Jaloux de ne pas savoir écrire comme toi ☀️
Content que ça aille mieux !
On te sent dans un début d’apaisement. J’espère que ça va durer pour toi, même si tu nous raconteras moins !