Tais toi et marche.
Je suis dans mon canapé. Dans le noir. J’écoute les grenouilles. C’est déjà le troisième printemps que je passe à Nice et je suis surpris de leur bruit incessant au printemps. Il doit y avoir une marre mais où? Faut dire que je suis en haut de la grande corniche au milieu de nulle part.
Je ne suis pas trop capable de lire en ce moment. Pas plus de jouer aux échecs. Ne parlons pas du paddle mais ca je sais que ca vient.
Je suis retourné au sport. Une première depuis début février. J’ai bien sué comme une grosse vache. Rien ne nous habitue jamais à se voir dans la glace. Ou sur les photos.
J’ai eu une journée complexe. Bien passée. Je pousse mes pions. Je donne des gages. J’apprends la patience. Ma bombe à fragmentation n’a pas explosée mais a bien été identifiée par tous. A minima, personne ne pourra dire que je n’ai pas de couilles. Et au fond je m’en fous un peu, ma vie n’en dépend pas vraiment.
Je me résous petit à petit à rester vivre ici. Pas si grave. Pas si inconfortable. Faut juste assumer que c’est mortel l’hiver et que l’été c’est pas possible avec une chaleur de gueux qui précisément suent sur les galets. Seule solution, rester sous la clim. Il reste les longues saisons intermédiaires. La densité de la vie parisienne me manque. Je regarde les spectacles que je pourrais aller voir. Ce n’est pas compliqué, il n’y a rien. Le bilan culturel du tnn est nul. Pas sur que ca manque en vrai aux gens d’ici, mélange de grande précarité et de nouveaux riches.
Lorsque je vis des grande contrariétés, j’ai en principe une grosse chiasse. L’actuelle dure depuis un mois, par cycle. Les fauteuils de ma voiture ne sont plus tout à fait gris clair. Cela devient génant. Mais c’est finalement à ce détail, qui appelle un peu de logistique, que je mesure la brutalité de la période que je traverse. J’ai tellement traversé de moments pro de cette intensité, voire bien plus, que je ne me rends plus compte. Peut être que c’est cela aussi la maturité.
Et j’en reviens évidemment à mon sujet préféré. Moi. Pourquoi je vis tout ca? Pourquoi j’accepte tout ca? Mon psy me parlerait de soumission. J’ai juste l’impression d’être pris au piège d’un système et incapable de me projeter dans un autre. J’ai dépassé tous les stades je crois de la quête de pouvoir, de séduction (suffit de voir ma gueule), de reconnaissance. Je m’en fous et c’est une immense délivrance. Et aussi un peu, un renoncement. Le seul truc qui me bloque encore et toujours, c’est la thune.
J’ai envie d’une montre (de plus) à quelques milliers d’euros. J’ai envie de voyages. J’ai envie de cocktails (avec alcool) sur une plage. Je suis un pur gen X totalement gavé et dépendant de l’oseille.
Alors que j’aurais besoin d’un truc plus rooots. Plus spirituel (mais c’est tellement marketing désormais). J’avais parlé de mes projets de semaine de jeune, de yoga, etc. Mais ce sont désormais des rituels codés eux aussi. Je dois trouver un truc qui me convienne. Je réfléchis à Compostelle. Même si guère croyant (tout en allumant des cierges dès que je rentre dans une église). Un truc pour moi. Marcher. Sentir enfin mon corps. Et arrêter de penser.
Pas le moment de prendre des vacances cependant. Impossible meme vu le nombre de trucs que je dois produire. Mais à ce stade c’est à peu près la seule chose dans laquelle j’arrive à me projeter. Un peu. Je connais l’Aubrac. Je sais la beauté, la rusticité. J’ai envie d’avoir froid, d’avoir chaud, de sentir mes pieds. Tous ces ressentis que je n’ai jamais.
Je me vois déjà allé un sac au Vieux Campeur. Vieux désormais et snob, ce qui n’est pas nouveau. Mais c’est moins moche que parvenu.


Comme je te comprends sur le besoin d'un truc roots mais aujourd'hui c'est un business. J'avais programmé un road trip introspectif puis c'est tombé à l'eau...Je te souhaite de trouver le truc qui te fera du bien <3
L’Aubrac, c’est une bonne idée ! J’y allais quand j’étais petit !