Tapis.
Bon je suis un peu en boucle.
Pourtant ce soir, je regardais la vitrine d’un brocanteur (attiré par les prix pas chers) et un pigeon posé sur la lampe au dessus a chié sur ma manche. Chiure immense, chaude, qui a traversé la veste et la chemise. Horrible.
Épisode qui m’en a rappelé un autre lointain, de ma vie. En 5ème, au collège Vendome à Lyon, une nuée de pigeons m’avait chié dessus devant l’entrée. Les dames qui faisaient l’entretien m’avaient aidé à me laver, m’avaient couvert de parfum mais rien à faire. Épreuve de physique (j’étais mauvais), personne ne voulait s’assoir à coté de moi. Seul, pas de possibilité de tricher. J’avais eu 19,5. (J’ai regretté plus tard dans ma vie que d’autres pigeons ne me chient pas dessus quand je passais les épreuves de X ou Centrale).
Un signe? Un signe de quoi? Je ne sais pas l’interpréter mais cela m’a ramené un pas si mauvais souvenir.
Au taff c’est pas Jojo. Sur les 11 autres de plus ou moins mon niveau, 6 sont virés. Une en train de l’être. C’est radical. Pas super confortable. Aucune idée si j’ai évité la balle ou si elle arrive en deuxième session. Je n’en sais rien. Tous les indicateurs (et les pronostics) sont au rouge et pourtant je n’y crois qu’à moitié. In fine, et c’est là un truc que je découvre chez moi, c’est que tout sera bien. Si on me garde ma foi, c’est comme ça. Sinon ce sera autre chose et ca ira aussi.
Mais bon l’ambiance déjà délétère ne s’améliore pas. Donc si je dois partir, eh bien ce sera pas plus mal car à un moment donné faudra que j’arrête de me faire du mal.
Un jeu d’acteur que j’ai du mal à mesurer, c’est les syndicats. Après des tracts incendiaires contre moi (pour tenter d’avoir ma peau le plus vite possible avec des procédés particulièrement vicieux), c’est devenu le calme plat. Limite la lèche (et ca me gene un peu. Autant M. mon toutou quand il veut mais là c’est me prendre pour un benêt). Et je ne sais pas ce que ce calme cache. Mon analyse est qu’ils ont compris que désormais ils sont désarmés. Leurs cartouches sont vides. Ce qui avait de la valeur avant n’en a plus désormais.
Et pourtant et c’est nouveau puisqu’on repart de zéro, mon taff me plait plus qu’avant. Il y a en tous cas une densité de choses (un peu) complexes et ca ne me déplaît pas. Je suis fait pour ça: simplifier la complexité .
Bon évidemment, dans le grand mercato en cours, je regarder ailleurs et j’envoie des CV. Un entretien la semaine prochaine. Pas exclu que ca marche tant une fois passée la première étape (mon CV, trop de postes, pas un parcours linéaire, un parcours public et privé peu valorisé), je suis un plutôt bon orateur et surtout un caméléon qui sait donner ce que l’on attend. Est ce que le poste me plairait? Absolument pas je crois. Mais c’est à 1h de ma cambrousse et j’ai envie de voir vieillir M.
Un autre poste à Lyon. Moins probable. Mais c’est là bas que j’ai grandi. Et puis bien sûr à Paris.
Le théatre me manque assurément. M’assoir pour diner seul en terrasse aussi. La vie en province n’est pas si simple. La vie sur la Côte d’Azur encore moins. Soit l’hiver c’est vide et d’une tristesse assommante. Soit comme maintenant cela déborde tous cotés de touristes dévêtus parce qu’il fait 20 degrés. Suis trop snob pour ca. Je vis depuis 2ans et demi ici et je ne connais personne. Absolument personne. Je marche. Seul sur la Prom. Je vois tous ces gens. Je n’ai pas envie de les connaître, mais j’aimerais comprendre ce qu’ils foutent là.
J’ai conjuré le sort en me (nous avec P.) réabonnant à l’opéra de MC. Cela coute un bras. Mais cela nous donne une rare vie sociale.
Les séances avec mon psy sont assez vides en ce moment. Je n’ai plus trop de choses à dire. Il essaie de me ramener à mes désirs. Mais j’en ai pas vraiment. Je lui dis ma fierté d’avoir (re)commencé un potager. Je lui explique le caractère instinctif chez moi de ce jardinage comme le fait de cuisiner (deux choses que j’ai apprises avant l’âge de 10 ans avec mes grands parents maternels). Je sais quand, comment planter, traiter, tailler, etc. Idem pour la cuisine, je sais très bien faire tout en étant incapable de me conformer à la moindre recette. Tout au pif et cela fonctionne (sauf exception). Je n’ai jamais lu un mode d’emploi de ma vie, je ne vais pas lire une recette et peser 100 g de farine. Je lui parle de la beauté de mon bougainvilliers, rose orangé. Je lui dis la fatigue de mes soirées. Je lui ai dit l’alcool lundi soir (et ma capacité à encaisser sans broncher, à dormir comme un bébé et etre frais le lendemain, ce qui n’est pas forcément le cas quand je suis sobre!).
Et lui il me parle de mon parquet. Il y a deux ans, j’ai voulu recouvrir le vilain carrelage noir par un parquet. J’ai fait la moitié de mon appartement en avril 2024. Et depuis rien. Incapable d’avancer. Il avait suggéré de l’enlever et de me satisfaire du carrelage. Un grand tapis m’était alors apparu comme la solution miracle. Mais ce serait un échec pour moi. Que d’abandonner. Il va bien falloir prendre une décision. Je me sens pour l’instant la force ni de l’enlever ni de poursuivre.
J’ai tenté de venir à la libido. Facile pour recentrer un psy en évitant la discussion sur le parquet. En l’occurence c’était l’absence totale de libido, ce qui aurait pu encore plus l’intéresser. Eh bien, niet, il est revenu au parquet. Il m’a demandé quand j’allais me décider, pressentant que c’était l’acte 1 d’autre chose.
Mais quoi?



ah les psys...le parquet, terre à terre ou sol à sol...plus facile que le reste. Une décision. Sauf qu'ils oublient parfois qu'une décision sur un canapé ne se suit pas forcément d'actions.
Je t'avais demandé ailleurs mais il ne me semble pas avoir eu de reponse. Tu en es où du paddle ? toujours dans le coffre ? ou tu as assommé un touriste ?
Ne pas être parti dans la première vague est sûrement bon signe ! C’est un vrai feuilleton !